A la rencontre d’élus du territoire Haut-corrézien… aux confins du Limousin et de l’Auvergne

Ma venue à Bort-les-Orgues à la rencontre de son nouveau maire, Eric Ziolo, a été propice à la découverte de ses richesses touristiques. Eric et une partie de ses adjoints m’ont d’abord ouvert les portes du Musée de la Tannerie et du Cuir et m’ont ensuite guidé au sein du château de Val.

Le Musée de la Tannerie et du Cuir, situé sur les anciennes Tanneries de Bort- les-Orgues, conserve entre ses murs une ambiance et une odeur ; l’ambiance des machines de l’époque qui servaient à écharner, nettoyer, tanner, sécher, fouler,… l’odeur des différentes variétés de cuir – pleine fleur, nubuck, croûte, daim,… – issues de ce travail long et complexe. Un savoir-faire ancestral parfaitement restitué par l’équipe du musée au cours d’une visite guidée. Un lieu d’une richesse inégalée tant par son bâtiment monumental que par la mise en valeur d’un artisanat d’antan.

Entre le Cantal et la Corrèze, une forteresse édifiée sur un éperon rocheux haut de 30 mètres : le château de Val, propriété de la commune de Bort-les-Orgues. Sa cour d’honneur, sa chapelle Saint-Blaise, ses écuries (transformées aujourd’hui en boutique) nous embarquent vers ses étages décorés, meublés et où certaines pièces sont dédiées aux expositions temporaires d’art.

Une commune plus intimiste mais tout aussi singulière à découvrir : Confolent-Port-Dieu. Édifiée sur un éperon rocheux au confluent de la Dordogne et du Chavanon, la commune possède un riche patrimoine historique et naturel conté par son nouveau maire Nicolas Jouve. Spécificité locale, Confolent-Port-Dieu est une commune récente, née de la mise en eau du lac de Bort-les-Orgues qui engloutit le village de Port-Dieu et épargne le hameau de Confolent édifié sur les hauteurs.

Au coeur du bourg, une église et la mairie construites par EDF. Au bord de la Dordogne, vestiges du village englouti : la chapelle des Manants et son ancien presbytère inscrits au titre des monuments historiques et son ponton aménagé pour une halte nautique.

Atypique, insolite, remarquable, autant de qualificatifs pouvant légitimement être attribués à ces différents sites aux doubles limites territoriales. Ce patrimoine emblématique de chaque commune contribue à son identité et à sa valorisation.

Le patrimoine immobilier historique et culturel, détenu en majorité par les communes, cumulent des enjeux lourds. Les élus locaux ont pleinement conscience que ce patrimoine est un facteur d’attractivité pour l’économie locale et qu’il fournit souvent des emplois non délocalisables aux entreprises artisanales et au secteur du tourisme. En outre, les élus savent que ce patrimoine devient de plus en plus un élément d’aménagement du territoire qui intègre les enjeux du développement durable, afin d’offrir un cadre de vie de qualité aux habitants et aux entreprises.

Autant de raisons qui incitent l’Etat à consacrer des moyens financiers constants à l’entretien et à la restauration du patrimoine. Dès 2018, le budget dédié a augmenté de +5%, pour s’établir à 326 M€. Ce budget de 326 M€ sera stable d’année en année sur la durée du quinquennat.

En outre, la création du « Loto du patrimoine » en 2017 par le ministère de la culture mobilise des sources de financement innovantes afin de sauvegarder les biens patrimoniaux en péril : un fonds dédié « patrimoine en péril » alimenté par les recettes de jeux FDJ et une campagne de dons nationale lancée la Fondation du patrimoine. En deux ans, ce sont 3 500 sites qui ont été signalés et 390 projets sélectionnés (269 en 2018 et 121 en 2019). Pour sa 3ème édition, le site corrézien le Viaduc des Rochers Noirs à Soursac a été retenu.